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Deux lettres pour deux chemins

Voici deux histoires, deux destinées, chacun vivant sa propre réalité.
Une mission commune pour un projet de vie.

"En hommage à ma famille et aux victimes du conflit armé qui aura duré 36 ans..."

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Lettre d'Izabel

" Bonjour,
 

Il paraît qu'on me nomme Maria Isabel, née au Guatemala à Quetzaltenango en 1980. 
En 1982, en raison de la guerre civile, ma famille sera massacrée, tandis qu'une balle se logera près de mon coeur.


On me raconte que mon sauveur est un valeureux soldat qui m'a trouvée entre la vie et la mort.
Il m'aurait déposée à l'hôpital, me déclarant comme l'unique survivante de ce massacre et totalement orpheline.

J'ai ensuite été transférée à l'orphelinat de Quetzaltenango pour être mise à l'adoption internationale.

En 1984, ma famille adoptive viendra me chercher pour m'emmener en Belgique, ma nouvelle terre d'accueil.

Malgré l'absence de souvenirs, les séquelles de la guerre resteront gravées à jamais au plus profond de mon être.

A présent, je dois me faire une raison et accepter ma nouvelle destinée, car je ne saurais sans doute jamais ce qui c'est réellement passé. 

Mais je ne me plains pas, car après tout, je ne manque de rien.

Cependant, les questions se bousculent... Je voudrais tellement connaître la vérité. "


Maria Isabel sans nom de famille née en 1980.

Lettre de Ana

" Bonjour,

 

Je m'appelle Ana et j'ai bientôt 11 ans, je vis à Nebaj dans un petit village du Nord-Est du Guatemala.
Ma famille et moi avons vécu une tragédie en juin 1982.

Notre village a été attaqué un matin par les guérilleros qui ont commencés à tuer les habitants.
Ils ont assassinés mon papa Manuel, mon frère Pedro qui venait d'avoir 13 ans, ont exécutés ma maman Elena en blessant gravement à la poitrine Izabel, ma petite soeur de 18 mois.

Ensuite, les militaires sont arrivés pour enterrer les morts, rassembler les survivants et nous rapatrier à Chajul, un village voisin.
L'un d'entre eux m'a demandé si tu étais blessée et
a pris tes affaires pour t'emporter en hélicoptère sans nous dire où il t'emmenait.

-" Izabelita, ¿Dónde está? "
Crois-moi, je me souviens de toute l'histoire, j'ai tout vu.
J'ai donné ton nom au militaire et j'ai expliqué que si tu survivais, il fallait retenir un détail qui me permettrait de t'identifier.
Tu allais avoir une cicatrice dans la poitrine côté droit.
Mais les jours ont passé et pourtant nous ne t'avons plus jamais revue...
On t'a cherché... Mais tu avais disparue.

Depuis ce jour, on prie tous les jours et on te cherchera encore et toujours car on garde l'espoir que tu as survécu...
Tu nous manques, on ne t'oublie pas, tu as laissé un grand vide dans nos vies petite soeur... "

Ana, Cecilia et Petrona

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